The sculptor is an alchemist
 
He stands before a lump of clay, damp from the earth.
He will transform this unformed mass and allow it to invade the surrounding space.
It is in this way that Michèle Chast brings the material to life.
Her knife attacks, cuts, pierces and fashions it. Little by little the contours of the work appear, its angles, curves, plains and hollows.
As Yves Klein rightly said she ‘works with the forces of space’.
 
Creation is an adventure
To create is to seek immortality, to defy time, to become closer to the Gods.
It is poetry torn apart, a crazed act of love which is neither reasonable nor unreasonable.
It is relentless, a dual, a fight for life and death.
It is both pain and happiness, passion, a birth and rebirth.
It’s a wail, a rejoicement, a cry.
To create is volition, to interrogate, to strive for a form of serenity;
it is an offering.
Michèle Chast’s sculptures incorporate all this.
They are for her a natural means of expression, a way to reach the limit of her ideas.
As a woman fascinated by the soft beauty of a gaze,
she has always looked up to Camille Claudel as a role model,
but now she herself has succeeded in her art.
Her work is neither light nor ephemeral,
rather it accompanies life and gives it meaning.
Her art is energetic and powerful; it is a whisper, a metamorphosis.
All this enables her to break free of her chains and to tear down the thickest walls.
 
From these works emotion is born.
These sculptures where light and shadow interplay evoke the antique Venus,
the works of Henri Laurens, Germaine Richier and Henry Moore.
We are in the presence of an artist whose creative spirit matches her remarkable talent.
Michel Chast (Excerpt)


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Michèle CHAST, her art art, her work.
 
La sculpture fut la première réalisation de l’homme quand les capacités des artisans de l’époque paléolithique évoluèrent au-delà de la fabrication d’outils et d’armes. Cela eut lieu, bien entendu, plusieurs millénaires avant que la moindre notion de l’art ne prenne une signification et bien avant l’avènement de l’histoire elle-même comme compte rendu cohérent de l’humanité. Ces sculptures préhistoriques sont donc des images de la forme féminine, des « Vénus », nommées selon le lieu de leur découverte : Willendorf, Savignano, Laussel et quantité d’autres encore. Ce sont des oeuvres d’hommes tout à fait ignorants de la conception de la beauté comme aspect de la contemplation mentale ; elles possèdent cependant un tel caractère esthétique inhérent et une telle immanence spirituelle que l’oeil contemporain les perçoit comme des oeuvres d’art aussi authentiques que toutes les sculptures réalisées depuis, parmi lesquelles, cela va sans dire, les évocations de la forme féminine ont produit durant des siècles d’innombrables chefs-d’oeuvre. Pourtant peu d’entre eux ont été crée par des femmes, preuve poignante des contraintes sociales et maritales. Les temps sont venus, maintenant, de rétablir les choses ; d’ailleurs le siècle passé a apporté des preuves éloquentes d’une maîtrise féminine - on pourrait presque dire maternelle - de la dynamique de la maîtrise de la sculpture.
 
Ainsi est-il approprié d’envisager les oeuvres d’art de Michèle Chast comme sa propre confrontation avec la notion académique de la raison d’être d’un artiste. Sa sculpture répond frontalement à ce défi et réalise une prouesse. Comme tout artiste suffisamment sensé et sensible pour voir que la route vers l’accomplissement sera nécessairement longue et difficile, Michèle Chast s’est sagement engagée sur un chemin rendu moins ardu par l’exemple d’un prédécesseur d’une intégrité créative et d’un but représentationnel pur, Henri Laurens. Après une rencontre préliminaire, mais distinguée, avec le cubisme, Laurens a entièrement consacré sa maturité à l’exploration plastique de la forme féminine comme l’expression suprême de la nature de la vie humaine. Ces oeuvres n’ont pas été un retour aux ainsi nommées déesses de l’amour et de la beauté de l’ère paléolithique, mais ont néanmoins surgi d’un semblable esprit d’émerveillement face à la grandeur générative de l’ampleur biologique des femmes.
L’imagination créative de Michèle Chast a été cependant suffisamment robuste pour profiter de l’expérience de Laurens comme affinité spirituelle plutôt que comme influence stylistique; On pourrait observer que sa sculpture parle le même langage, mais qu’elle a quelque chose de tout à fait différent, quelque chose de subtilement original, à dire.
 
La qualité expressive de la sculpture de Michèle Chast, ce qui distingue son art et imprègne son oeuvre est une confluence significative de formes cohérentes composées pour la contemplation idéale de son propre sexe et pour la communion d’imagination avec la totalité de la féminité. En cela, peut-être, on peut dire qu’elle évoque aussi la fécondité éternelle des Vénus préhistoriques, sans, bien sûr, reproduire leurs formes physiques disproportionnées. Les lignes voluptueuses, parfois sensuelles des sculptures de Michèle Chast sont tellement sensibles et sereines que, même dans les expressions de sentiments intenses, elles ne font aucune concession aux effets faciles. On ne se retrouve jamais en présence d’une affectation technique ou de sensations aiguës. Au contraire, de représentation en présentation, l’artiste aborde tout à la fois ses oeuvres et son public avec une modestie créative et un effacement professionnel. En même temps, cependant, l’oeuvre se dresse ou repose devant nous avec l’autorité et la confiance d’une vision bien disciplinée, couplée avec une compétence gracieuse et féminine. Son art est doué, mature, assuré, imaginatif, polyvalent, beau. C’est ainsi le privilège d’un public éclairé d’apprécier, d’applaudir, la sculpture inspirée et convaincante, l’art, l’oeuvre de Michèle Chast.
James Lord - Art Critic and Biographer of Giacometti